Au Front de gauche à Marseille, on n’est pas peu fier d’avoir réuni
plusieurs dizaines de milliers de personnes (120000) hier, sur les pelouses bordant
les plages du Prado, à Marseille. Après les rassemblements de la Bastille
(Paris) et de la place du Capitole (Toulouse), le Front de Gauche avec Jean-Luc
Mélenchon, Clémentine Autain et Pierre Laurent a cette fois pris la parole
devant une foule compacte massée au bord d’une mer scintillante.
Cette démonstration
de force était un défi lancé à François Hollande et à Nicolas Sarkozy qui tenaient
tous deux des meetings en extérieur à Paris, le lendemain. Et que Jean-Luc
Mélenchon n’a pas manqué de railler sur le fond.
Marseille, rouge sur la grande bleue, au meeting du Prado
Mélenchon avec Marseille au Centre de la déferlante
« Nous avons créé une mode suffisamment puissante pour que, par
imitation, ils aient décidé de sortir des salles dans lesquelles ils
s’attroupaient tous auparavant pour tâcher de faire aussi bien que nous. Nous
sommes contents de les voir prendre l’air », a ironisé le candidat du Front de
Gauche à la présidentielle, moquant « l’attroupement de la Concorde et le
rassemblement du bois ».
les youyous du public
Dans le style
solennel mâtiné comme souvent d’accents gaulliens, Jean-Luc Mélenchon s’est
lancé dans un discours abordant de nouveaux thèmes, très lyrique, en forme
d’ode à la Méditerranée, « notre bonne mère à tous ».
« Nous continuons à
refuser l’idée morbide et paranoïaque du choc des civilisations », tonne-t-il
avant d’évoquer ceux qui vivent de l’autre côté de la mer.
« Les peuples du
Maghreb sont nos frères et nos sœurs. Il n’y a pas d’avenir pour la France sans
les Arabes et les Berbères. Notre chance, c’est le métissage », souffle le
natif de Tanger (Maroc) sous les youyous enthousiastes du public paré aux
couleurs cerise du Front de gauche.
Martelant sa
différence avec Nicolas Sarkozy, il a fustigé la visite du président-candidat à
Marseille (le 19 février), destinée « à parler exclusivement de la sécurité
qu’il n’est pas capable d’assurer », avant de s’en prendre « aux partis
extrémistes de la haine qui montrent du doigt ».
« Foutez-nous la
paix! » s’est-il enflammé, avant d’enjoindre les électrices et les électeurs à
« expédier à terre le pouvoir de la droite ».
Auréolé des sondages
flatteurs qui l’ont propulsé à la troisième, voire la seconde place de
l’élection présidentielle, le candidat du Front de gauche a d’ores et déjà
appelé à la mobilisation populaire au lendemain de l’élection, car « la finance
attaquera la France ».
Et adressé un appel
aux syndicats pour organiser un « 1er Mai stupéfiant d’unité et de puissance ».
« J’organiserai la
lutte implacable pour rendre les coups ! Nous ne serons pas tondus ! » a-t-il lancé
au patronat et à la droite, avant d’achever son discours par « l’Internationale
» et la … « Marseillaise ».

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